Allégations environnementales et communication : la gestion des stocks existants
le 24 septembre 2026

Claude Monet, CC0, via Wikimedia Commons
La directive européenne (UE) 2024/825, aussi appelée ECGT (Empowering Consumers for the Green Transition) ou EmpCo, est une nouvelle réglementation qui renforce la protection des consommateurs contre le greenwashing et le social washing.
Elle s’applique à tous les produits et services destinés aux consommateurs dans l’Union européenne, quel que soit le secteur d’activité, le modèle économique ou le positionnement de l’entreprise.
Son objectif est d’éviter que les consommateurs soient induits en erreur par des informations trompeuses sur les caractéristiques environnementales, sociales ou liées à la circularité des produits et services.
Pour cela, cette directive modifie notamment la 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales et la 2011/83/UE sur les droits des consommateurs.
Points clés
- La directive (UE) 2024/825, dite EmpCo (Empowering Consumers for the Green Transition), renforce la protection des consommateurs afin de leur permettre d'effectuer des choix de consommation plus durables.
- Elle renforce la lutte contre les pratiques commerciales déloyales, notamment les pratiques d'écoblanchiment (greenwashing).
- Elle encadre plus strictement certaines allégations environnementales et sociales adressées aux consommateurs.
- La gestion des stocks existants est traitée dans la question 18 de la version de septembre 2026 de la FAQ de la Commission européenne.
- Les États membres devaient transposer la directive au plus tard le 27 mars 2026 et les nouvelles règles doivent être appliquées à compter du 27 septembre 2026.
I. Contexte
Le 27 septembre 2026, la directive « Empowering Consumers for the Green Transition (EU 2024/825) dite « EmpCo » entre en application dans l’Union européenne. À compter de cette date, les allégations environnementales et sociales, ainsi que les labels de durabilité utilisés dans les communications à destination des consommateurs européens devront respecter des règles plus strictes introduites par la directive (UE) 2024/825.
Pour les entreprises, il se pose la question de la gestion opérationnelle des produits déjà fabriqués, commandés, distribués ou placés en rayon avant le 27 septembre.
La Commission européenne vient d’apporter des précisions sur cette question dans sa FAQ, mise à jour le 22 septembre 2026. La question 18 est consacrée aux « produits existants » et précise notamment les mesures pouvant être envisagées pour les produits ou emballages existants dont les allégations ne seraient plus conformes aux nouvelles exigences.
Cette clarification pragmatique est particulièrement importante pour les entreprises, qui doivent désormais articuler l’entrée en application d’EmpCo avec la gestion des stocks déjà présents dans leur chaîne de distribution.
II. La gestion des stocks existants
La Commission clarifie un point important : les nouvelles règles s’appliqueront également aux allégations environnementales et labels de durabilité figurant sur des produits existants à compter du 27 septembre 2026. Il n’y a donc pas d’exemption générale pour les produits déjà fabriqués ou déjà mis en circulation.
La Commission précise toutefois ce qu’il faut entendre par « old stock » : il s’agit des produits ou emballages portant des allégations environnementales ou des labels de durabilité qui ont été fabriqués, commandés, distribués ou placés dans les rayons des distributeurs avant le 27 septembre 2026.
La FAQ apporte des précisions pratiques sur la manière dont les entreprises peuvent gérer ces stocks sans nécessairement devoir procéder à un retrait immédiat des produits concernés.
Ainsi, lorsque des allégations ou labels présents sur des emballages ne sont plus conformes aux nouvelles exigences, plusieurs solutions correctives peuvent être envisagées, telles que :
- Corriger ou masquer l’allégation au moyen d’un sticker,
- Ajouter une information complémentaire au point de vente en identifiant clairement les produits concernés à proximité dans le rayon correspondant.
L’objectif est de permettre une mise en conformité effective, tout en tenant compte des contraintes propres aux stocks déjà constitués.
III. Le rôle des autorités et juridictions nationales
La Commission met l’accent sur une approche proportionnée et fondée sur les circonstances propres à chaque cas.
L’application de la directive EmpCo relève des autorités nationales compétentes et également des juridictions nationales. En outre, dans certains États membres, des personnes physiques ou morales pourront également être habilitées, en vertu du droit national, à engager des procédures d’exécution devant les juridictions nationales.
Cela met également en lumière l’exposition croissante au risque de contentieux civil en matière de greenwashing et de socialwashing.
Il est précisé que les autorités compétentes et les juridictions nationales peuvent, dans leur appréciation de la gravité des manquements et des circonstances propres à chaque affaire, prendre en considération les efforts raisonnables et proportionnés déployés par les opérateurs pour se conformer aux obligations applicables, y compris à l’égard des produits déjà présents dans la chaîne de distribution.
Elles peuvent également examiner si les mesures nécessaires pour garantir le respect de la directive EmpCo entraîneraient des coûts disproportionnés ou des dommages environnementaux inutiles.
En résumé, cette appréciation doit tenir compte des principes de proportionnalité, de sécurité juridique et de protection des attentes légitimes.
Enfin, la Commission renvoie explicitement à la Common Understanding élaborée par les autorités nationales compétentes du réseau Consumer Protection Cooperation (CPC), afin de favoriser une approche cohérente du traitement des stocks existants dans l’Union européenne.
Les autorités compétentes peuvent également vérifier que le respect de la directive n’entraîne pas de coûts disproportionnés ni de dommages environnementaux inutiles.
IV. En pratique
Pour les entreprises, le message est donc assez clair : il faut se préparer avant le 27 septembre, pour les stocks existants et à venir.
Cela implique notamment de :
- documenter précisément l’état des stocks concernés à cette date ;
- identifier les produits, emballages et supports de communication portant des allégations environnementales ou labels susceptibles de ne plus être conformes ;
- prévoir, lorsque cela est possible, des solutions correctives simples et proportionnées : étiquetage complémentaire, stickers, information au point de vente ou signalétique en rayon ;
- mettre à jour les communications futures et les nouveaux emballages ;
- et conserver une trace des mesures prises et des efforts raisonnables engagés pour assurer la conformité.
La nouvelle FAQ apporte donc une clarification utile pour les entreprises : le 27 septembre ne signifie pas nécessairement que tous les produits existants doivent être retirés ou détruits, mais les communications environnementales qui les accompagnent devront bien être compatibles avec les nouvelles règles. La réponse devra ensuite être appréciée en fonction de la situation concrète, des mesures correctives disponibles et du principe de proportionnalité.
Cet article a pour objet d’apporter un éclairage général sur le cadre réglementaire européen applicable et s’appuie notamment sur la FAQ publiée par la Commission européenne. Les éléments présentés dans cette FAQ correspondent aux vues préliminaires des services de la Commission européenne et ne sauraient, en aucune circonstance, être considérés comme exprimant une position officielle de la Commission européenne. Seule la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est compétente pour interpréter de manière contraignante le droit de l’Union européenne.
Cet article ne constitue pas un conseil juridique et ne saurait se substituer à une analyse juridique adaptée à la situation spécifique de votre entreprise.
Liens utiles
- Directive (UE) 2024/825 du Parlement européen et du Conseil du 28 février 2024 modifiant les directives 2005/29/CE et 2011/83/UE pour donner aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition verte grâce à une meilleure protection contre les pratiques déloyales et grâce à une meilleure information
- European Commission, Questions & Answers, Septembre 2026
